Soudain j'aperçut Mme M; et le souvenir de tous les baisers qu'elle m'avait donnés, que je lui avait rendus, le souvenir de toute nos caresses, de ses gentillesses, du son de sa voix, du gout de ses lèvres, me fit passer dans le sang le désir brusque de la reprendre. Elle était jolie, élégante, avec son air gamin et ses yeux vifs. G pensait : Quelle charmante maîtresse, tout de même." Elle s'approcha un peu timide, un peu inquiète, et me tendit la main. je la reçut dans la mienne et la garda. Alors je sentit l'appel discret de ses doigts de femme, la douce pression qui pardonne et reprend. Et moi même je la serrait, cette petite main, comme pour dire : "Je t'aime toujours, je suis à toi !"Nos yeux se rencontrèrent, souriants, brillants, pleins d'amour. Elle murmura de sa voix gracieuse : "A bientot, Madame E." je répondit gaiement : "A bientot, madame M."
je t'aime (L)